MILAN (Italie) - Le géant pétrolier italien Eni va s'implanter en Ouganda, "nouvelle frontière" du pétrole selon son directeur général, en rachetant à Heritage sa part de 50% dans deux blocs pour un montant maximum de 1,5 milliard de dollars, a-t-il annoncé lundi.
Eni et Heritage, société canadienne cotée à la Bourse de Toronto et de Londres, "sont parvenus à un accord sur l'assignation à Eni de l'entière participation de 50% détenue par Heritage dans les blocs 1 et 3A en Ouganda pour un montant de 1,35 milliard de dollars", indique Eni dans un communiqué.
Le versement d'"un montant supplémentaire de 150 millions de dollars, en numéraire ou en actifs, est prévu si certaines conditions sont atteintes dans l'avenir", ajoute Eni.
Ces deux blocs sont situés dans le bassin du lac Albert et "contiennent des ressources de plus d'un milliard de barils équivalent pétrole", poursuit le géant italien. Sept cents millions de barils ont déjà été découverts à travers le forage de 28 puits dans cette zone.
A la Bourse de Milan, les investisseurs saluaient cette annonce et le titre Eni bondissait de 2,43% à 17,26 euros, vers 15H30 GMT, dans un marché en hausse de 2,10%.
Comme "toutes les grandes compagnies pétrolières", Eni est "à la chasse de projets géants contenant plus d'un milliard de barils par jour" et la région du lac Albert est "une nouvelle frontière des hydrocarbures qui pourrait réserver de belles surprises dans les années à venir", s'est félicité le directeur général d'Eni, Paolo Scaroni, au cours d'une conférence téléphonique.
A la recherche de nouveaux actifs pour compenser des gisements plus matures, Eni a engrangé ces dernières années les acquisitions, notamment dans le Golfe du Mexique, au Congo ou au Turkménistan.
Selon les termes de l'accord, Eni disposera de la responsabilité opérationnelle de ces deux blocs. Le partenaire actuel d'Heritage sur ces blocs est la société britannique Tullow.
La production démarrera en 2014 et en 2016-2017, lorsque le projet sera entièrement développé, la part de production d'Eni atteindra 50.000 barils par jour, a ajouté M. Scaroni.
Eni n'est en revanche "pas intéressé" par les actifs en Ouganda de Tullow, qui cherche aussi un acheteur, a assuré M. Scaroni.
En février, Tullow avait indiqué que l'Ouganda, où les premières découvertes de pétrole ont eu lieu en 2006, pourrait être l'un des 50 plus gros producteurs dans le monde.
Certains experts pétroliers estiment que les réserves du pays pourraient s'approcher des deux milliards de barils, en grande parties sous le lac Albert.
Pour Eni, l'achat des actifs d'Heritage "s'inscrit dans le cadre de la stratégie de croissance sur le continent africain et dans la région subsaharienne en particulier".
Le géant italien, présent en Afrique subsaharienne depuis le début des années 1960, dispose déjà d'actifs en Angola, au Ghana, au Gabon, au Mozambique, au Nigeria et au Congo. Il produit environ 450.000 barils équivalent pétrole par jour dans cette région.
Et grâce à son implantation en Ouganda, "près de 20% de la production" d'Eni proviendra d'Afrique subsaharienne, a calculé M. Scaroni.
ENI
(©AFP / 23 novembre 2009 16h50)
Source : http://www.romandie.com/infos/news2/091123155026.e79o49fl.asp